pc engine la bombe japonaise

PC-Engine la bombe japonaise

Rétrospective de la console de jeux vidéo 8 bits fabriquée par le japonais NEC et qui se la jouait 16bits.

La PC-Engine, aussi appelée TurboGrafx-16 outre-Atlantique, est sortie au Japon en 1987 où elle connait un certain succès. La bombe japonaise n’aura eu finalement jusqu’à sa « mort » en 1994 qu’une carrière très confidentielle à l’international (et tout particulièrement en France).

Il faut d’abord la resituer dans son contexte. Bien que communément classée dans la catégorie 16-bits (première console marketée ainsi, d’où le nom « TurboGrafx-16 »), le petit bijou de NEC (conçu par l’éditeur Hudson Soft) est en réalité cadencé par un processeur 8-bits. Néanmoins, la console possède un processeur graphique 16-bits, ce qui lui permet de surclasser les autres 8-bits de l’époque. Côté animations et bruitages elle a même de quoi faire pâlir les possesseurs des micros ST et Amiga!

Bien que d’architecture 8-bits, la PC-Engine est la 1ère console « marketée » 16-bits

pc engine de nec
La version de base de la console de NEC: une taille « mini »

Nous sommes en fin de 3eme génération de consoles, les NES et Master system occupent le devant de la scène, et à peine 1 an avant la génération des 16bits (1988 pour la Megadrive et 1990 pour la Super Nintendo). C’est peut être cela le drame, arrive-t-elle au mauvais moment, trop tôt ou trop tard ? L’histoire est seule juge mais ce que l’on peut retenir c’est qu’elle garde une place à part dans le monde du retro gaming aujourd’hui, un peu comme une relique inaccessible, une pièce maîtresse pour tout collectionneur qui se respecte.

Nous allons voir que la console disposait de très sérieux atouts et aurait pu avoir une bien meilleure carrière.

PC-Engine: Une bombe japonaise plutôt discrète dans le reste du monde

La bombe japonaise fait sensation à l’époque. Elle affiche plus de 480 couleurs en même temps à l’écran (un véritable exploit en ces temps reculés), elle est petite (voire minuscule comparée à ses consoeurs) et à base de carte mémoire à peine plus grosse qu’une carte de crédit (les HuCards) ! Le catalogue de jeu est aussi très intéressant, mais çà nous le verrons plus tard.

pc engine
La HuCard – 4 mo de mémoire !

Des sushis d’approvisionnement

Et cela avait pourtant bien démarré en France en ce milieu d’année 1989. La petite japonaise rencontre en effet un succès indéniable. Mais il faut relativiser! Il n’existe en tout et pour tout qu’un seul distributeur dans l’hexagone, Shoot Again (une boutique spécialisée à Paris dans les jeux vidéo). Imaginez, elle est sortie il y a presque 2 ans au Japon et n’est toujours pas distribuée correctement en France!

Les rares possesseurs qui ont craqué pour la petite japonaise sont conquis. Et il y a de quoi. C’est un vrai régal pour les yeux (c’est la 1er console console affichant autant de couleurs) et elle dispose d’un catalogue de jeu orienté arcade très alléchant.

Attention on a dit très orienté arcade. Si vous êtes un mordu des jeux d’aventure passez votre chemin. Son créneau de lancement est la réadaptation de la plupart des succès de l’arcade du moment et ça marche tellement au Japon que de nombreux éditeurs commencent à s’y intéresser pour développer des jeux. L’architecture très proche des bornes de l’époque permet de porter les jeux assez fidèlement sur petit écran et donc tous les acteurs du moment (TAITO, CAPCOM, KONAMI…) jouent le jeu.

Surpassant même la NES à son lancement au Japon, elle ne perce pas en Europe où son marketing est quasi inexistant.

Les premiers jeux disponibles en France (au compte goutte il faut le dire) sont des références en la matière :

  • R-Type (de loin la meilleure version de l’époque)
  • R-Type II
  • Victory Road (inspiré de Out Run)
  • Galaga 88
  • Worderboy in Monster Land

Nippon ni mauvais…

La PC-Engine n’a jamais vraiment percé ailleurs qu’au Japon. Fut-ce par manque de moyens (marketing, partenariats) ou d’ambitions, la bombe japonaise est restée assez confidentielle en Europe. Dans les faits il fallait composer avec de nombreux obstacles pour parvenir à ses fins :

On l’a déjà dit, mais il fallait être sacrément motivé et patient pour se la procurer. Une seule boutique dans tout le pays la commercialise jusque vers la fin de l’année 1989.

PC Kid

On sait que les consoles étaient « modifiées » à leur arrivée en France par la société SODIPENG pour l’adapter aux normes nationales. Rappelons que la machine tourne sur le standard NTSC (norme américaine et japonaise). A l’époque et pendant très longtemps il était tout simplement impossible de faire fonctionner un appareil NTSC sur une télé PAL (norme européenne). Bref, la conséquence est que vous ne bénéficiiez de performance optimale que sur un écran couleur NTSC, norme d’origine de la machine.

Peu de titres dispo au lancement

(une quarantaine en France fin 89), et la majorité des autres titres distribués au Japon uniquement. Un line-up très orienté arcade, quasi pas de simulation ni de jeu d’aventure. Sans parler du prix jusqu’à 500 F / jeu. Et pourtant, au cours de son existence la PC-Engine nous aura offert quelques incontournables (Bomberman, Ninja Warrior, PC Genjin ou PC Kid chez nous, Soldier Blade, R-Type, Castlevania, et j’en passe… ).

Pour connecter plusieurs pad il fallait acquérir un adaptateur ! c’est un comble mais la machine était livrée avec un seul port manette!

Au cours de son existence, près de 17 versions de PC-Engine seront mises sur le marché! De quoi dérouter le consommateur. Cependant, on doit lui reconnaitre des apports novateurs comme le CD-ROM (sous forme d’accessoire à connecter dans un premier temps).

Mais son plus grand malheur aura été de s’intercaler entre 2 générations. Encore un peu 8-bits et pas vraiment 16-bits (promis on ne parle plus de bits après), elle aura lutté à armes inégales contre Megadrive et SNES.
Avec en plus la concurrence des micros bien implantés à ce moment-là (CPC, ST, Amiga et PC) et qui ne se laisseront pas abattre si facilement. Les places étaient donc chères.

son plus grand malheur aura été de s’intercaler entre 2 générations

Sayōnara !

Finalement pas assez agressif au niveau Marketing pour rivaliser avec la concurrence, NEC a manqué d’ambition pour se développer à l’international. Sans doute la PC-Engine était-elle déjà dépassée à son lancement au moment où ses 2 principaux rivaux ont dans leurs cartons les futures Megadrive et Super Nintendo. Il y avait pourtant la place pour faire beaucoup mieux, puisque le choix d’un line-up arcade assumé n’était finalement pas une si mauvaise stratégie pour se démarquer.

La PC-Engine fait son grand come-back

KONAMI (qui a racheté Hudson Soft il y a quelques années déjà) lance en 2020 une version mini de la bombe japonaise. Comme à son 1er lancement en 1987, cette PC-Engine n’aura pas bénéficié d’une exposition médiatique digne de son rang, la faute à pas de chance cette fois.

Idéal pour (re)découvrir cette console sans se taper un millier de vide grenier puisque plus de 50 titres sont préinstallés dessus, et parmi eux du très lourd. Mais n’en disons pas plus, ce sera l’occasion d’en reparler dans un prochain article sur Pixel-Maniac.

Bref, de quoi remettre au gout du jour cette gloire méconnue de notre passé vidéoludique.

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